Au premier abord, la législation sur le droit à la vie privée peut sembler accablante, mais elle découle du bon sens. En assimilant convenablement les principes d’information équitable, vous serez mieux en mesure de mettre sur pied une politique de confidentialité adéquate. De plus, si vous retenez les conseils légaux appropriés, vos activités commerciales en ligne devraient pouvoir se faire avec le minimum de difficultés.
Le droit à la vie privée est souvent défini comme le droit d’un individu à ne pas être importuné ou à ne pas voir des renseignements personnels recueillis ou utilisés ou dévoilés sans son consentement.
Ces dernières années, le droit à la vie privée est devenu un sujet brûlant. Les gouvernements du monde entier ont réagi en promulguant de nouvelles lois pour faire face aux dangers réels ou perçus découlant des technologies numériques et informatisées ainsi que la possibilité de traiter et d’organiser des données de manières innovatrices.
Étant donné la possibilité, non seulement de recueillir des renseignements personnels à l’insu des individus mais aussi de les diffuser partout dans le monde, le droit à la vie privée sur le Web est devenu une préoccupation majeure. La majorité des gens s’accordent à reconnaître que les renseignements personnels (définis comme les renseignements concernant l’identité d’une personne) sont vulnérables et qu’il est nécessaire d’instituer des moyens légaux ou autres pour garantir la vie privée des individus
Ce qui est intéressant, c’est que le droit à la vie privée ne s’applique qu’aux individus et non aux sociétés ou autres organismes. Les sociétés peuvent néanmoins avoir des droits, par exemple celui de la confidentialité des informations, découlant d’une entente de confidentialité ou d’un contrat d’embauche.
Au début des années 1980, l’Organisation de coopération et de développement économique, comprenant 30 pays en faveur de la démocratie et de la libre économie de marché, a réagi à l’utilisation croissante des ordinateurs et des bases de données en publiant des lignes directrices sur la protection de la vie privée à l’usage des organisations. Pour plus de renseignements, rendez-vous sur www.oecd.org.
Au cours des années 90, l’Union européenne a mis au point et a publié un Guide sur la protection des données (appelé Protection des données) visant à protéger les renseignements personnels des ressortissants européens. Une des dispositions de ce Guide interdit aux organismes européens d’échanger des renseignements personnels avec les organismes d’autres pays, à moins que lesdits pays n’aient eux-mêmes promulgué des lois garantissant le droit des individus à la vie privée. Vous pouvez consulter ce Guide à l’adresse Internet suivante : europa.eu.int/comm/internal_market/privacy/index_fr.htm.
En partie pour faire suite aux directives européennes, le Canada a promulgué la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (LPRPDÉ), qui est entrée en vigueur progressivement à partir de 2001. Au 1er janvier 2004, étape finale, la LPRPDÉ s’applique à toutes les activités commerciales des organisations canadiennes, tant provinciales qu’internationales. « Organisation » fait référence non seulement aux sociétés et corporations mais aussi à vous en tant qu’individu si vous êtes engagé dans des activités commerciales.
La LPRPDÉ prévoit que certains organismes dans certaines provinces peuvent être exempts des dispositions contenues dans la Loi si ces provinces ont promulgué des lois substantiellement similaires à la LPRPDÉ. A ce jour, la Colombie-Britannique, l’Alberta et le Québec ont agi en conséquence et le gouvernement fédéral les a exemptés de l’application de la LPRPDÉ. Ceci ne s’applique néanmoins qu’aux activités à l’intérieur de ces provinces ; les activités hors des frontières provinciales peuvent toujours être couvertes par la LPRPDÉ. De la même manière, les organismes sous réglementation fédérale tels que les banques, les compagnies aériennes et de télécommunications ont toujours été et continuent d’être assujetties à la LPRPDÉ.
Les dispositions cadres de la CAN/CSA (Association canadienne de normalisation), comportant dix « principes de traitement de l’information » sont incorporées dans la LPRPDÉ. Ces dix principes peuvent se résumer comme suit :
Si vous comprenez ces principes, vous avez déjà acquis une bonne connaissance de la Loi sur la protection de la vie privée. Pour plus de renseignements, vous pouvez vous rendre sur le site Web du Commissaire à la protection de la vie privée du Canada au www.privcom.gc.ca.
Il est également très important de se rappeler que la législation sur le droit à la vie privée ne s’applique pas uniquement aux activités commerciales en ligne ; elle s’applique tout aussi bien à tout document sur papier et aux classeurs de rangement.
Plusieurs provinces au Canada ont promulgué leurs propres lois touchant le droit à la vie privée.
Bien que ceci n’ait jamais été testé dans une cour de justice, le Code criminel du Canada prévoit également qu’intercepter et lire le courrier électronique ou observer les habitudes de navigation sur le Web, de vos employé(e)s par exemple, et placer une table d’écoute illégale peuvent constituer des activités criminelles, à moins d’obtenir le consentement d’au moins une des parties en cause ou une ordonnance de la cour.
Vous devez bien comprendre que même si vous n’êtes pas physiquement présent, vous ne pouvez pas ignorer la législation des autres pays. Ceci est un domaine légal complexe. Vous devriez cependant garder à l’esprit que :
En plus de la manière dont la législation sur le droit à la vie privée est appliquée dans le « vrai » monde, certains éléments ne peuvent pas être omis quand il s’agit de l’Internet et du cybercommerce.
Vous devez bien comprendre comment votre site Web répond aux exigences de la loi sur le droit à la vie privée.
N’oubliez pas que les visiteurs aux sites Web cherchent à connaître les politiques de confidentialité et sans elle, vous risquez de perdre des clients potentiels. Une politique ou un avis de confidentialité convenablement rédigé réduira non seulement le potentiel de poursuite légale, mais jouera aussi un rôle dans votre stratégie de mise en marché, vous permettant d’attirer et de conserver des clients qui, à défaut, ne seraient pas incités à faire affaire avec vous.
Quoi que vous fassiez, ne créez pas une politique que vous ne respecterez pas scrupuleusement. Ce serait vous exposer à des problèmes non seulement légaux mais touchant aussi à votre réputation et à votre bonne foi.
Il est par conséquent important, une fois affichée, de ne pas laisser cette politique dormante. Elle devrait être révisée régulièrement afin de déterminer si oui ou non elle est toujours pertinente et si elle doit être revue dans le cadre de vos buts et objectifs commerciaux.
Pour terminer, n’oubliez pas les autres enjeux de la vie privée ou les problèmes techniques qui peuvent vous coûter des clients et de l’argent. Par exemple, P3P ou le Projet de Plateforme pour les Préférences Privées, permet maintenant aux sites Web d’encoder leurs pratiques de confidentialité d’une manière pouvant être « lue » par certains navigateurs, tels que les versions récentes de Internet Explorer. Le navigateur d’un visiteur de votre site peut de la sorte rejeter votre configuration ; il ou elle pourra recevoir un message d’erreur ou de dépassement de temps. Il ou elle pourra ne pas comprendre pourquoi son accès est maintenant impossible et vous ne saurez pas pourquoi vous avez perdu ce client.
Au premier abord, la législation sur le droit à la vie privée peut sembler accablante, mais elle découle du bon sens. En assimilant convenablement les principes d’information équitable, vous serez mieux en mesure de mettre sur pied une politique de confidentialité adéquate. De plus, si vous retenez les conseils légaux appropriés, vos activités commerciales en ligne devraient pouvoir se faire avec le minimum de difficultés.
(Ce guide a été préparé par le Centre du cyberfutur de l’Alberta)
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